Les employés sont rémunérés en moyenne 7,16 $ l'heure au N.-B.
Les garderies connaissent un taux de roulement "excessif"

L'Acadie Nouvelle
mardi 9 mars 2004
Gagnon, Charles-Antoine

Fredericton - Les garderies de la province perdent des employés au profit d'établissements de restauration rapide parce que les salaires y sont meilleurs.

Les employés de garderies ayant une formation spécialisée dans le domaine gagnaient en moyenne 7,16 $ l'heure au N.-B., en 2002, comparativement à 16,24 $, au Québec, en 2001, et 13,04 $ l'heure, au Manitoba, en 2002.

"Le taux de roulement des employés dans le secteur des services de garde est évalué entre 40 % et 50 %. Elles partent pour aller vers des emplois plus payants et il y en a maintenant plus à leur disponibilité. Même dans la restauration rapide. Après six à huit mois, le salaire augmente et dépasse le salaire qu'elles font en garderie", a précisé Monique MacMullin, de la Garderie ABC de Moncton, et trésorière du regroupement Les soins et éducation de la petite enfance du N.-B, qui lancera la semaine prochaine une campagne de sensibilisation qui traitera notamment de la condition des employés de garderie.

La directrice générale du Conseil consultatif sur la condition de la femme, Rosella Melanson, a indiqué, hier, que la population devrait être préoccupée par la qualité des services offerts dans les garderies en raison du taux de roulement.

"Avec un salaire de 7,16 $ l'heure, il y a un taux de roulement excessif. Une des choses les plus importantes pour les enfants en garderie est d'être supervisés par les mêmes personnes. Et ce n'est certainement pas ce qui se passe dans les garderies au N.-B.", a précisé Mme Melanson.

Même son de cloche du côté de l'organisme Parents pour des services de garde de qualité qui précise que certaines provinces, qui ont des normes en place pour les employés de garderie, accordent les salaires en conséquence.

"Il y a des échelles salariales. Une fois que les travailleurs sont formés, ils reviennent en garderie pour des plus hauts salaires. Ce n'est pas évident lorsque tu es sur le seuil de la pauvreté d'aller chercher une formation d'un an et de t'endetter", a précisé Jody Dallaire, de Parents pour des services de garde de qualité.

Pour être en mesure de concurrencer les autres secteurs de l'économie en offrant des salaires équivalents, les garderies devraient augmenter les frais de garde de 30 $ à 40 $ par semaine, a précisé Mme MacMullin.

Le salaire dans les garderies varie entre 6,25 $ et 7,45 $/7,90 $ l'heure, notamment en raison d'une mesure gouvernementale qui prévoit l'injection de fonds dans le réseau des services de garde pour aider à subventionner le salaire des employés. Mais, a ajouté Mme MacMullin, un certain nombre de garderies n'ont pas augmenté les salaires, mais ont pris leur enveloppe pour accorder des bonis aux employés au lieu d'augmenter le salaire horaire.

"Ce qui arrive, c'est que les garderies craignent que l'entente ne soit pas renouvelée et qu'ainsi elles devront assumer l'ensemble de la facture des salaires et elles ne le pourront pas", a indiqué Mme MacMullin.

Les conséquences d'un salaire bas dans les établissements en service de garde est que moins d'un employé sur cinq possède une formation spécialisée.

Le gouvernement veut augmenter le ratio à un employé sur quatre ayant une formation spécialisée. Pour Mme Dallaire, même l'atteinte de cette cible demeure inacceptable.

"C'est comme si un enseignant sur quatre dans le secteur scolaire avait son bac en éducation. Ce ne serait pas acceptable non plus", a comparé Jody Dallaire.

Le N.-B. compte environ 375 garderies qui offrent quelque 11 000 places, alors que le nombre d'enfants de 12 ans et moins frôle les 112 000 dans la province.


On note des progrès, mais la situation se détériore pour plusieurs mères monoparentales
Un Bulletin 2004 mitigé sur la place des femmes au travail

L'Acadie Nouvelle
mardi 9 mars 2004
Gagnon, Charles-Antoine

Fredericton - Si la situation des Néo-Brunswickoises s'améliore quant à leur place dans le marché du travail, elle se détériore pour les femmes monoparentales vivant dans la pauvreté.

Le Conseil consultatif sur la condition de la femme du N.-B. a publié, hier, Journée internationale de la femme, son Bulletin 2004 de la situation des femmes au N.-B.

La proportion de femmes ayant des enfants d'âge préscolaire au N.-B. s'est située à 75 % en 2002, comparativement à la moyenne nationale de 70 %.

"Ça nous fait demander où vont les enfants durant le jour lorsque le père et la mère vont au travail. Cela a donc des ramifications sur la petite enfance. Nous savons qu'au N.-B., il n'y a que de la place pour 11 % des enfants de moins de 12 ans dans les garderies", a observé la présidente du Conseil consultatif sur la condition de la femme, Mary Lou Stirling.

Le conseil a signalé pour l'année 2001, soit les plus récentes statistiques disponibles, une augmentation par rapport à l'an 2000 du montant moyen qui manque aux femmes monoparentales vivant dans la pauvreté pour atteindre le seuil de faible revenu au N.-B., qui est de 16 516 $ pour une personne seule. Le montant moyen était de 4100 $ en 2001, comparativement à 3226 $ en 2000.

Bien que l'écart salarial entre les hommes et les femmes ait rétréci au cours des dernières années pour se situer à 82 % en 2003, par rapport à 81 % en 2002, temps complet et partiel confondus, Mme Stirling a tenu à préciser qu'il y a encore bien du chemin à faire.

"Les femmes qui ont des emplois à temps plein font 72 % de salaire d'un homme qui travaille à temps complet", a mentionné la présidente du conseil consultatif.

Le Bulletin 2004 de la situation des femmes au N.-B. indique qu'en 2000, tout comme en 1995, le secrétariat était le principal emploi des femmes du N.-B. qui travaillaient à temps plein, avec un salaire annuel moyen de 25 707 $. Chez les hommes, la profession de camionneur est la plus commune, avec un revenu annuel moyen de 34 138 $. Le salaire moyen des femmes actives au N.-B., en 2000, toutes professions confondues, était de 28 738 $, comparativement à 41 674 $ pour les hommes, soit 30 % de plus.

Pourtant, au chapitre de l'éducation, la domination des femmes sur les hommes est signalée dans les statistiques fournies par l'organisme. En 2002-2003, les femmes représentaient 58 % des étudiants à temps complet dans les universités de la province, soit le même ratio que l'année dernière, mais 13 % de plus qu'en 1980-1981. En 2001, 12 % des femmes et 11 % des hommes de 15 ans et plus au N.-B. détenaient un diplôme universitaire.

Selon des données de Statistique Canada en vertu du recensement de 2001, 31 % des femmes de 15 ans et plus au N.-B. avaient un revenu annuel avant impôt de moins de 10 000 $ en 2000, comparativement à 20 % des hommes. Seulement 16 % des Néo-Brunswickoises et 28 % des Néo-Brunswickois avaient un revenu annuel dépassant les 40 000 $ en 2000.